Les dispositifs médicaux sont essentiels dans la prise en charge des patients, mais leur cycle de vie – de la production à l'élimination – génère des émissions importantes de gaz à effet de serre (GES). Tout comme les médicaments, bien que leur utilisation directe n'émette pas de GES, l'impact environnemental de ces dispositifs est surtout lié à leur fabrication, distribution et gestion en fin de vie.
La répartition des émissions de GES par cycle de vie des dispositifs médicaux
Le cycle de vie des dispositifs médicaux comprend la production de matériaux (plastiques, métaux, silicones), la fabrication, la stérilisation, l'emballage, le transport, et enfin leur utilisation et élimination. Les émissions de CO2 proviennent principalement de la production des matières premières et de la fabrication (environ 60%), suivies par les émissions liées à la stérilisation (15%), et à l'emballage et au transport (20%).
Certaines études indiquent que l’utilisation de dispositifs à usage unique, très courants dans les hôpitaux, augmente considérablement les émissions, notamment en raison des besoins élevés en plastique et des processus de stérilisation nécessaires. De plus, ces dispositifs génèrent de grandes quantités de déchets qui doivent être incinérés ou retraités, contribuant à hauteur de 5% aux émissions totales de GES.
Dispositifs réutilisables vs dispositifs à usage unique
Il est souvent plus écologique d’opter pour des dispositifs réutilisables plutôt que des dispositifs à usage unique, notamment lorsqu’un bon protocole de stérilisation et de maintenance est mis en place. Par exemple, les instruments chirurgicaux en acier inoxydable, lorsqu'ils sont réutilisés, présentent des émissions bien plus faibles que les dispositifs jetables fabriqués en plastique.
En effet, une étude menée par le Centre Hospitalier de Grenoble a montré qu’en substituant certains dispositifs jetables (comme les pinces et les ciseaux) par des instruments réutilisables, l’établissement a réduit ses émissions de GES de près de 25%. Cependant, il est essentiel de s’assurer que la réutilisation des dispositifs ne sacrifie pas la sécurité du patient.
La gestion des déchets médicaux
La gestion des déchets des dispositifs médicaux est une autre source importante d'émissions. Une grande partie des dispositifs jetables est incinérée, ce qui entraîne des émissions directes de CO2 et d’autres polluants. La mise en place de systèmes de gestion des déchets plus durables, comme le recyclage des dispositifs à base de métal ou l’utilisation de procédés d'incinération à haute efficacité, pourrait contribuer à réduire ces émissions.
Certaines initiatives, comme le tri des dispositifs encore utilisables ou recyclables, commencent à être adoptées par les établissements de santé. Le CHU de Strasbourg, par exemple, a mis en place un programme de récupération de dispositifs médicaux pour les envoyer vers des filières de réemploi ou de recyclage, réduisant ainsi les déchets incinérés et les émissions associées.
A l’échelle d’un établissement de santé, réduire l'empreinte carbone des dispositifs médicaux, c’est :
Favoriser les dispositifs réutilisables : La première étape est de privilégier les dispositifs médicaux réutilisables lorsque cela est possible et sécuritaire. Cela implique la mise en place de protocoles rigoureux de stérilisation, qui sont moins émetteurs que la fabrication continue de nouveaux dispositifs jetables.
Optimiser les circuits d’approvisionnement et de distribution : Réduire les distances de transport des dispositifs et optimiser la chaîne d’approvisionnement peut aussi avoir un impact considérable. La fabrication locale de certains dispositifs, par exemple, peut réduire les émissions liées au transport international.
Mieux gérer les déchets : En réduisant l’utilisation de dispositifs jetables et en favorisant le recyclage, les établissements de santé peuvent non seulement réduire leurs émissions de GES, mais aussi diminuer leur production de déchets. L’intégration de programmes de tri et de recyclage dans les hôpitaux permettrait de récupérer des matériaux précieux tout en réduisant la dépendance aux nouvelles matières premières.
